Irak: Arrêtons le génocide des femmes en Irak

Source: 
OWFI via Tunisitri
"Arrêtons le génocide des femmes en Irak! Dénonçons les assassinats de femmes à Bassoraet à Al-amara!"
Les villes du sud de l’Irak se trouvant sous le jougdes islamistes sont devenues des zones hostiles à la femme, dont la présence n’est plus acceptée ni mêmetolérée dans les institutions d’enseignement ou autravail, quoique cette présence se fait très discrète,sous le voile et des habits très amples.
La mortguette les femmes dans les rues, les souks et lespoursuit même chez elles, tous les jours à Bassora. Quoique le chef de la police de Bassora ait déclaréqu’une quinzaine de femmes sont assassinées à Bassoratous les mois, le chiffre est nettement plus important.

Selon une source privée, le chauffeur d’uncamion de voirie au travail dans les rues depuis lespremières heures de l’aube, a révélé «qu’il dégageaitplusieurs cadavres de femmes et d’hommes chaque jourdes décharges publiques».

Depuis l’occupation de l’Irak en 2003, les villes dusud sont devenues le terrain de prédilection desgroupuscules de moralité publique « ordonner le bienet combattre le mal » et d’autres groupusculesislamistes extrémistes ainsi que des gangs et desindividus.

Ces groupes se sont développés cesdernières années au point de donner naissance à desresponsables gouvernementaux et sécuritaires, desmilices, des supporters extrémistes et desmercenaires.Ils surveillent les entrées des universités pour eninterdire l’accès aux filles non voilées, considéréescomme mécréantes, répriment les rassemblements mixtesdes étudiants, enlèvent les étudiants qui leurtiennent tête et les détiennent dans des piècesréservées à la torture.

Quand une femme est assassinée, le crime n’a pasbesoin d’être justifié autrement qu’en accusant lavictime d’avoir été une femme aux mœurs dissolues ousimplement une femme de plaisir.En réalité les premières victimes de ces assassinatsont été des femmes médecins, ingénieurs, desdétentrices de doctorat, des activistes sociales etdes fonctionnaires mais aussi des femmes de plaisir.Ces escadrons de la mort ont pour but de terroriser lagente féminine, de la détourner de toute participationà la vie sociale et de la contraindre à garder lamaison et ainsi de l’empêcher d’envisager unequelconque participation à la vie politique.

« L’Organisation pour la Liberté des Femmes en Irak »appelle, au nom de toutes les femmes irakiennes, lesresponsables politiques à créer et entraîner « desgroupes de protection des femmes » à charge pour euxd’organiser des rondes permanentes, de jour comme denuit et tout au long de la semaine, dans les rues desvilles du sud pour garantir la protection des femmescontre les assassins.Il convient aussi que ces groupes de protection soientbien formés pour reconnaître toutes lesdiscriminations subies par la femme et inciter aurespect de sa vie, de sorte que ce droit prime toutesles valeurs religieuses et tribales et autressentiments masochistes.

La présence des troupes d’occupation à Bassora n’aapporté aucune aide ou soutien aux femmes et il n’estpas admissible qu’on cherche des prétextes à cequ’elles y demeurent plus longtemps.Nous, soussignés, appelons les dirigeants à assumerleur responsabilité dans l’assassinat de centaines defemmes à Bassora et Al-amara et partout où les groupesislamistes extrémistes ont la haute main.

Nous attendons une réponse urgente des cabinets duPremier ministre, du ministre de l’intérieur et desgouverneurs des régions du sud de l’Irak etprincipalement de ceux de Bassora et Al-amara.

05 janvier 2008

--Organisation pour la Liberté des Femmes en Irak (Organization of Women’s Freedom in Iraq - OWFI)

www.equalityiniraq.com

Nous vous prions de nous soutenir en signant la pétition: www.petitiononline.com/basra911/petition.html

Traduit de l’arabe par Ahmed Manai (www.tunisitri.net)

13 janvier 2008