Algérie: Licenciement abusif de Mme Cherifa Kheddar

Nous avons été informé par le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA), l'OMCT et les "networkers" du WLUML, du licenciement abusif de Mme Cherifa Kheddar, présidente de l’association Djazairouna, qui défend les droits des victimes du terrorisme.
Selon les informations reçues, le 17 mai 2008, alors que Mme Cherifa Kheddar se rendait à son travail, elle a appris qu’il avait été mis fin à ses fonctions au sein de la préfecture de Blida, où elle travaillait depuis 12 ans. Elle rentrait alors d’une semaine de formation sur la justice transitionnelle organisée à Rabat, au Maroc, et avait à cette occasion pris un congé officiel. De surcroît, certains de ses collègues lui ont demandé de ne plus les contacter et de ne plus évoquer en leur présence son opposition à la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.

Par le passé, Mme Cherifa Kheddar avait déjà reçu des avertissements de la part de ses supérieurs suite à ses actions menées en faveur des droits de l’Homme.

En avril 2008, le CFDA, Djazairouna et Somoud avaient organisé un forum-atelier dans les locaux de Djazairouna à Blida sur le thème de la recherche de la vérité. Mme Cherifa Kheddar a également à plusieurs reprises publiquement exprimé sa désapprobation totale avec la Charte pour la paix et la réconciliation nationale et ses textes d’application amnistiant les terroristes et les agents de l’État.

Mme Kheddar a annoncé son intention de déposer un recours administratif contre cette décision.

Nous sommes exprimons sa vive préoccupation au regard du licenciement de Mme Cherifa Kheddar, qui semble sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme et qui risque de la priver de ressources. En outre, ces faits illustrent une nouvelle fois le contexte d’intimidation et de harcèlement auquel sont confrontés les défenseurs algériens.

Genève - Paris, le 22 mai 2008

FIDH / OMCT

Source: 
WLUML networkers et L’Observatoire [OMCT]